Interview burlesque : Atanith Del Hammer

Pour compléter notre série de portraits d’effeuilleuses burlesque, partons à la découverte d’Atanith Del Hammer. Qui se cache derrière ce nom de scène extravagant ? Quels sont ses secrets de beauté pour être au top sur scène ? Julie a mené l’enquête !


Qui est Atanith Del Hammer ?

atanith del hammer
Atanith Del Hammer, sulfureuse effeuilleuse burlesque de Lyon.

Julie: Les lectrices de notre site sont des adeptes de beauté vintage, de coiffures rétro mais ne connaissent pas forcément le milieu de l’effeuillage burlesque. Pourrais-tu nous expliquer ton parcours ? Comment as-tu basculé dans ce monde de strass et de paillettes ?

Atanith : Fin des années 90, je tombe sur un reportage de Tracks qui présente une troupe de Los Angeles, The Velvet Hammer, et fait un historique du burlesque. Je suis totalement sous le charme, mais je me dis que jamais cela n’arrivera jusqu’en France. 5 ans plus tard, je découvre les Bump’n’grind Honeys, et tout ce qui se crée timidement à Paris (avec la contribution de Juliette Dragon)… et je fais ma curieuse en louchant du côté des scènes anglaises et américaines. Peu à peu, je suis bookée sur quelques soirées à Lyon, et c’est lors d’une de ces soirées (la vie fait parfois bien les choses) que je rencontre la délicieuse Pomcannelle, avec qui nous créons la première Burlesqu’o’rama et feu le collectif Reservoir Girls. Cet art fait écho à toutes les références de cabaret, du cinéma, à toutes les grandes dames du glamour avec lesquelles nous avons grandi, et dont je suis une fanatique discrète.

A la différence de nombreuses effeuilleuses, le burlesque est ta passion, mais aussi ton métier. Tu es la fondatrice du collectif Reservoir Girls, l’instigatrice de la Burlesqu’Orama (LE festival burlesque sur Lyon qui regroupe le gratin du monde de la paillette, si je puis dire), une performeuse de talent. Ne serais-tu pas une femme d’affaire multi-tâches ? N’est-ce pas difficile au quotidien ?

En fait cela s’est fait par la force des choses. Il n’y avait pas de scène burlesque à Lyon, il a fallu la créer, la défendre, investir et y croire. J’ai un profil un peu schizophrène, parfois productrice, parfois performeuse, mais c’est un vrai atout quand il s’agit de recevoir des artistes et de créer des événements. Avec Reservoir Girls, je faisais partie des deux pionnières de la région, nos choix artistiques et nos personnalités ont influencé la scène lyonnaise, je commence seulement à en prendre conscience. Nous avons éduqué le public lyonnais au burlesque, et grâce à ça, Burlesqu’o’rama tient une place importante dans le paysage des soirées burlesques en France… et je suis plutôt fière lorsque les artistes étrangères ou parisiennes invitées restent estomaquées par l’ambiance de feu !

J’ai toujours essayé de tirer le spectacle vers le haut, aussi bien pour progresser personnellement, que pour permettre au public d’assister à des shows de qualité. Danser sur des scènes étrangères et nationales (le marathon d’Avignon!) m’a également permis de rencontrer ces performers, ces techniciens, d’acquérir de l’expérience et de vivre des moments d’une incroyable intensité. C’est un métier passion, enrichissant (mais pas d’argent!), qui m’a appris les métiers du spectacle sur le tas, je n’ai pas honte de le dire, car aujourd’hui je peux affirmer être devenue professionnelle… c’est toujours bizarre pour moi d’expliquer ce que j’ai fait et qui je suis, sans trahir l’humilité à laquelle je tiens. Je fonctionne comme ça : avec force -rester fidèle à mes envies- et humilité. J’aimerai pouvoir faire plaisir à tout le monde, dire oui à tout, être partout à la fois, mais c’est impossible sans se perdre ! Je reste donc toujours un peu en retrait, pour garder l’esprit clair dans ma prise de décision, rester cohérente avec mes valeurs, et c’est bien plus difficile que de coller des strass ou de créer un costume !

velvet hammer burlesque
L’une des sources d’inspiration d’Atanith : The Velvet Hammer

Pourrais-tu nous dire quelles sont tes influences, tes références, tes héros ?

Il y a évidemment les personnages qui m’ont fait rêver : les princesses de mon enfance, les grandes figures féminines comme Monroe, Jessica Rabbit, Marlene Dietrich, la troupe du Velvet Hammer, qui représente pour moi une sorte de ligue de super-héros du burlesque ! Puis il y a les œuvres classiques, la musique, la cuisine, la mode, les grandes figures de l’Histoire ou de l’art, les rencontres. Parfois c’est un univers, une couleur… l’inspiration vient de la curiosité, utile défaut s’il en est !

Ton nom de scène est très particulier, comment l’as-tu choisi ? Serais-tu une héroïne des films de la Hammer, échappant aux griffes de la Momie, de Dracula et de Frankenstein réunis ?

Mon nom est toujours une souffrance pour les présentateurs, qui font souvent preuve de dyslexie soudaine quand il leur faut le prononcer, je dois avouer que c’est un petit plaisir sadique… Je plaisante !
Mon nom de scène est composé : d’une référence à un univers culturel qui a compté pour moi, de ma deuxième nationalité, et d’un emprunt au nom du Velvet Hammer (qui a également une signification propre « le marteau »). L’ensemble est complexe, avec une résonance assez dure, dont on a du mal à identifier l’origine, et d’un jeu de mot bizarre et intrigant… un peu comme les héroïnes de la Hammer Film Productions, c’est vrai !

Tes numéros sont à la fois drôles et glamours, telle une vraie icône burlesque. Lequel te tient le plus à cœur ?

J’aime faire rire, entre deux coups de tassel twirling, c’est un peu ma façon d’exprimer et de partager la joie que j’ai d’être sur scène. J’utilise beaucoup le second degré, il faut dire qu’en tant que blonde à forte poitrine, ça m’est plutôt facile ! J’essaye de garder un équilibre entre la femme moderne qui peut se moquer d’elle-même, et une sensualité glamour appartenant au passé. Je ne veux pas que le public s’ennuie, et il n’y a rien de plus jouissif que de le faire rire. C’est un pouvoir très grisant, qui crée un lien intime avec le public, et grâce à cette intimité, on peut amener une bonne dose de teasing : voilà ma recette perso !

J’ai entendu dire qu’un vent de renouveau soufflerait bientôt sur le burlesque car… la Burlesqu’Orama sera de nouveau sur les planches en 2014 ! Si ce n’est pas secret défense, pourrais-tu nous en dire un peu plus ?

Nous avons la joie de proposer une nouvelle édition de Burlesqu’o’rama au public, le 22 février 2014, pour laquelle je m’associe à Machina Vapora. Il s’agit d’une soirée complète, dans laquelle vous aurez l’occasion d’applaudir des artistes locaux dans des numéros inédits, ainsi que des artistes internationaux exceptionnels. Mais ce n’est pas tout, vous aurez également la chance d’assister à des concerts live, de visiter des stands de créateurs, de vous faire chouchouter et de vous restaurer sur place. Nous avons également quelques surprises, que nous dévoilerons au fil du temps, donc n’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux ! Pour info, les places seront en vente pour les fêtes de fin d’année, voilà qui fera un joli cadeau au pied du sapin !

Les habitudes beauté d’une effeuilleuse

effeuilleuse burlesque hammer
Atanith Del Hammer sur scène !

La trousse à maquillage d’une effeuilleuse tient plus de la valise que de la simple trousse. Parmi la profusion de produits de beauté en tous genres, quel est ton préféré en ce moment ?

C’est mon péché mignon, le maquillage. Il me permet de changer de tête et de m’amuser, surtout quand c’est pour monter sur scène (« Never too much glitter ! »). Mon petit coup de cœur pour les jours un peu sombres de l’hiver c’est le combiné de deux fondamentaux : un joli enlumineur (Météorites de Guerlain) et un beau blush (surtout quand on sait l’appliquer) adapté à ma carnation. Mais j’avoue que je craque souvent -et mon porte-monnaie en souffre!- sur les collections make-up des fêtes de fin d’année, je suis assez volage dans ce domaine !

Enfin, pourrais-tu dire à nos lectrices un de tes petits secrets de beauté (promis, on ne le répétera pas!) ?

Démaquillage obligatoire, hammam régulier, yoga et beaucoup de sommeil ! Je suis une grande dormeuse :) Avec l’âge, on apprend vite qu’il faut prendre soin de son corps et de sa peau, de manière régulière et assidue, ils vous le rendront bien ! Du coup le maquillage ne devient plus un cache-misère, mais permet de nous sublimer. Et puis il y a aussi… l’amour !

Merci pour cette interview, j’espère voir de nombreux lecteurs et lectrices le 22 février, pomponnés de la tête aux pieds !
Baisers pailletés.

Vous êtes effeuilleuse burlesque ?

Vous aussi, vous êtes dans le milieu du burlesque ? Vous voulez nous raconter vos meilleures anecdotes et vos secrets de beauté ? N’hésitez pas à nous contacter via le formulaire de contact !

Commentaires

Adelise
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tres intéressent merci a toi

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